One teaspoon of masala, half a cup of dahi, two tablespoons of bargaining, a cup of auto guys yelling, some hair oil, a pinch of geekiness = Chloé, Indian gravy style
26 mars 2011
The Holi experience
Brassens et autres délices en français
Il a fallut que je vienne sous ces latitudes pour que je découvre certains groupes et chanteurs qui font partie intégrante de la culture francophone, mais dont je ne connaissais souvent que trois phrases et demi, malgré les cris d'indignation de Laure qui a essayé de me convertir à Joe Dassin depuis que je la connais. Elle peut encore essayer, mais Joe Dassin ne fera jamais partie de mon panthéon, haha. Par contre, je me délecte de la Rue Ketanou, des Ogres de Barback et surtout, de Brassens, et de ses jeux avec la langue française, je souris quand il se prend pour sage entre les jeunes et les vieux cons, je me bidonne quand il bande en pensant à Fernande, je m'attendris quand il veut protéger sa voisine de l'orage avec ses bras câlins, et je cherche les sens cachés quand il chante les trompettes de la renommée. Puis aussi, dans l'enthousiasme, j'essaie d'expliquer les paroles à Deepika et là, sans surprise, ça tombe à plat. Alors, tu vois, il dit qu'il bande quand il pense à Fernande, mais pas quand il pense à Lulu, et donc, c'est poilant. Puis, imagine, c'était interdit à la radio quand la chanson est parue et donc, c'est d'autant plus fort ! Tout ça, en anglais, avec moultes explications qui tournent en rond. J'ai laissé tombé. Et je garde le plaisir entièrement pour moi, en me réjouissant des nombreuses chansons et chanteurs qui restent à découvrir. Vous avez des idées?
21 mars 2011
Bonjour commissaire !
Et voila, m'y revoici, de retour au Commissioner's office. Apres trois petits mois de sursis, je suis de retour dans ce grand batiment ou chaque etape passee est une victoire. Mon permis de residence expire dimanche, et en remplissant les papiers, je me suis rendu compte que j'etais censee venir au moins 2 mois avant la date d'expiration. Oups. A chaque comptoir sa poussee d'adrenaline. Le premier ou je me rends compte que j'ai oublie de faire signer a ma boss un papier. Le premier desespoir passe, la hors-la-loi en moi me pousse a essayer d'imiter sa signature. Je m'entraine, suis sur le point de le faire, puis rapido, j'appelle une de mes collegues pour demander son avis. Non, le risque est trop eleve. Re-desespoir. J'appelle ma boss – oui, elle est au bureau mais non, pas la peine de revenir pour ca, copie ma signature, va dejeuner et retourne l'air de rien. C'est fait. Je suis experte en contre-facon, une ligne de plus sur mon CV. Les poussees d'adrenaline se succedent au rythme des comptoirs. Cinq etapes au moins. La premiere est reussie, une legere observation de la signature. Ca passe, c'est fait. Premier etage, premiere etape: le scrutiny desk. Chaque page est observee et re-observee, questions sur les dates, le salaire et tout ca. J'ai le coeur qui bat. Et toujours ce constat: vous ne devriez pas avoir un business visa. Explications (et maudite soit l'ambassade indienne a Bruxelles). Le couperet tombe: normalement, pas d'extension du permis de residence pour les business visa, on verra si ca passe. Comptoir suivant avec l'email de mon correspondant en Belgique: attendez dix minutes, mon boss veut verifier votre dossier. Et j'attends, et devant moi, un couple de Japonais attend aussi. Est-ce que leur famille, leurs amis, leurs proches sont en vie? Alors que je vis dans un milieu presqu'uniquement Indien, c'est en etant au FRRO que je rencontre les expats de Bangalore – des Iraniens, des Yemenites, des Tanzaniens, des Indiens Americains, des Japonais, une Francaise, c'est ma recolte d'aujourd'hui.
Je reprends le coeur leger – c'est bon, ma demande est acceptee, ils ont fait ma photo, revenez dans une heure. Et j'ai fete ca avec un jus de mosambi, miam. Un sentiment de victoire, comme toujours. Et aussi, derriere cette administration horriblement bureaucratique et stricte, des personnes qui sont souvent (ou parfois) de meilleure volonte que ce que j'aurais imagine. Et oui, on perd une journee, mais (jusqu'a present en tout cas), la bureaucratie a rempli sa part du contrat – je croise les doigts.
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